Catégories
Méthodes agiles

L’effet Peter Pan

Le syndrome de Peter Pan ou le collaborateur qui ne veut pas évoluer. On a tous déjà cotoyer ce genre de personnes ou ‘est peut-être même le cas actuellement.

La culture et l’approche japonaise tiennent une place prépondérante quand on cherche à appliquer les préceptes du Manifeste Agile. Par exemple, entre la méthode des 5S (seiton, seiri, seiso, seiketsu, shitsuke), le concept Shuhari, le Genba ou la démarche Kaizen on peut vite s’y perdre. Ici, on va fortement s’intéresser à la démarche Kaizen pour comprendre comment elle peut nous aider à soigner le syndrome de Peter Pan mais, surtout, comment on va pouvoir s’éloigner de ce problème en mettant en place un environnement où ce genre de mindset est roi.

Qu’est-ce que le syndrome de Peter Pan ?

Le syndrome de Peter Pan est un fléau qui consiste en la complaisance du status quo ou l’évitement de l’amélioration individuelle. En effet, c’est le cas où une personne ne chercherait pas à s’améliorer ou à monter en compétence. Bien qu’étroitement lié à l’ambition, ce problème peut avoir différentes origines.

Les sources du syndrome de Peter Pan

Selon moi, ce syndrome a plusieurs origines. La première cause proviendrait du fait que certains employés n’occupent un poste au sein d’une entreprise uniquement pour vivre ou survivre. Autrement dit, c’est ce qu’on appelle communément avoir un job alimentaire. Bien que ça reste malgré tout un cas à la marge dans des milieux techs. C’est le cas typique où l’employé ne sera motivé que pour faire le strict minimum pour rester le plus loin possible de la pression, de la recherche et de la veille pour se maintenir informer des nouveautés. On comprend facilement qu’avec ce genre de profil dans ses équipes on ne pourra pas installer de démarche Kaizen pour challenger le status quo.

Le syndrome de Peter Pan pourrait également provenir d’un déficit en accompagnement au niveau du management. Vous savez qu’il existe 3 leviers pour un manager : le contrôle, l’apport du sens et l’accompagnement. La plupart des managers ne considèrent que le premier mais c’est malheureusement une grave erreur. Les trois sont indispensables si l’on veut être un manager complet. On comprend qu’avec ce genre de défaut, le climat propice à l’épanouissement des collaborateurs pèche. Il sera donc plus difficile mais pas impossible à un employé d’appliquer la démarche Kaizen.

Ca se soigne docteur ?

Si l’on se retrouve dans le cas du job alimentaire, je vois mal comment résoudre ce mal. A moins de détecter ce genre de profil lors des entretiens d’embauches.

En revanche, pour ce qui est du deuxième cas. Le manager incomplet. Il va être possible de régler le souci au travers de Genba walk. C’est-à-dire, aller au contact de ses collaborateurs pour comprendre ce qu’ils font sans pour autant micromanager, comment ils le font et quels obstacles ils rencontrent tout au long de leurs journées de travail. Ainsi, il sera plus facilement de prodiguer de bons conseils pour faciliter la vie des équipes. Ou mettre en place des cérémonies dédiées au partage de connaissance entre communautés.

Si on applique le framework Scrum, il est plus naturel de tirer profit de la philosophie Kaizen grâce à l’inspection et l’adaptation constante dont doit faire preuve une Scrum Team à l’aide des Scrum Events.

Conclusion

Vous aurez compris que le syndrome de Peter Pan est un problème qui handicape lourdement les Scrum Teams désireuses de grandir. Un membre atteint de ce syndrome peut facilement venir parasiter les interactions au sein de l’équipe ou déporter une certain charge sur ses collaborateurs. L’équipe devra donc faire preuve d’une grande auto-organisation pour résorber cet écueil le plus vite possible avant que la gangrène ne se propage à d’autres membres de l’équipe.

Par Ronald Lacrosse

Scrum Master certifié PSM II, PSK, SPS, PSD, PSPO I, PAL, PAL-EBM (profil scrum.org) et aussi ancien développeur Front-end de 2010 à 2020.

0 0 votes
Évaluation de l'article
S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Feedbacks rapides
Voir tous les commentaires